Leïla Kilani, une tangéroise à Cannes

Cinéma
script api
Editor Made in Tanger
20 mai 2011

La réalisatrice Leïla Kilani a présenté cette semaine son premier film de fiction, Sur la Planche, à la Quinzaine des réalisateurs, sélection parallèle du Festival de Cannes.

Made in Tanger : Quelle place occupe Tanger dans votre vie ?
Leïla Kilani :
Je suis originaire de Tanger, même si je suis née à Casa, il n’y a donc pas eu de rencontre, simplement quelque chose qui est sous ma peau.
C’est une ville qui a un esprit romanesque et une âme extrêmement violente, indissosciable de mon rapport aux choses. Je suis très marquée par cette ville, son imaginaire, son automodification, ce qui la construit comme une sorte d’emblême, et tout ce qui plane au dessus de nous lorsqu’on est à Tanger.

Manger in Tanger : Comment avez-vous décidé de filmer la ville ?
Leïla Kilani :
J’ai montré très peu de lieux, et ils sont assez abstraits. La thématique du film est 4 filles en transition dans une ville en transition. Mais finalement, les décors ont été recréés pour la plupart, comme le décor principal, l’usine de crevettes, qu’on n’a pas tourné à Tanger. C’est une ville qui est plutôt sentie que véritablement représentée. Il y a de très rares plans larges sur le vieux port, sinon, la ville est plutôt présente par une perception sonore, et surtout avec un rapport subjectif et interiorisé des personnes principaux.

Made in Tanger : Vous avez déjà réalisé plusieurs documentaires dans la ville. Comment s’est faite la transition vers la réalisation d’une fiction, en l’occurrence Sur la Planche ?
Leïla Kilani :
Je n’ai pas eu l’impression de franchir un pas. C’est un film que j’ai écrit différemment, mais pour moi, c’est toujours la même démarche, c’est une continuité tranquille. Cette idée est dépassée. Il n’y a pas de distance infranchissable entre les deux styles et aujourd’hui, la plupart des réalisateurs circulent d’un genre à l’autre sans avoir l’impression qu’ils ont des métiers distincts et indissociables.

Made in Tanger : Quels espoirs mettez-vous dans le Festival de Cannes ?
Leila Kilani :
Que mon film puisse toucher quelques personnes, c’est déjà pour moi un soulagement collectif, avec la poignée de gens qui a cru dès le début en lui. Vous savez, que le film existe, c’est déjà un émerveillement, alors qu’il soit vu à Cannes, c’est comme marcher la Lune. Je ne projète rien, je suis juste dans l’angoisse de la première projection, mais elle serait la même ailleurs. Je viens de finir la post production, on a réglé les difficultés techniques au dernier moment, donc l’angoisse est logique, comme pour toute première projection. Sauf que pour ce film, ça se passe à Cannes.

Interview Mathias Chaillot
Photo DR

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Editor Made in Tanger
20 mai 2011

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