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Le Jardin d'essais de l’Agdal : Un eden végétal sauvé du déclin

Jardins
script api
Editor Made in Rabat
11 octobre 2011

Récemment réaménagé pour un coût de 27 millions de dirhams, le Jardin d’Essais Botaniques de l’Agdal renaît pour le plus plaisir des R’batis et des amateurs de verdure. Situé à quelques centaines de mètres de Bab Rouah, l’une des portes principales de la ville et parallèle à l’Avenue de la Victoire, il fut crée en 1927 sous le Protectorat.

Dessiné par Jean-Claude Nicolas Forestier, un célèbre architecte-paysagiste, le Jardin d’Essais était à l’origine un jardin expérimental dédié à la botanique, un terreau riche pour plus de 250 espèces rapportées du monde entier et qui faisaient l’objet de mille soins. C’est dans cet espace que dès les années 1930, les français expérimentaient différentes variétés d’arbres fruitiers en provenance des quatre coins du monde avec pour objectif d’identifier des essences susceptibles de s’adapter à la terre et au climat marocain. Au Jardin d’Essai, on trouvait à l’époque une cinquantaine de variétés de poiriers, plus d’une trentaine de pommiers, pêchers et orangers, mais aussi une vingtaine de variétés de pruniers japonais, douze de kakis, une dizaine d’essences d’oliviers, abricotiers, citronniers, et mandariniers. Le parc était également planté de diverses variétés de cognassiers et pomélos. Les espèces les plus prometteuses étaient immédiatement adoptées par les colons agriculteurs. C’est au Jardin d’Essais que l’on doit aujourd’hui des variétés devenus banales comme le pacanier et l’avocatier.

Le temps a passé, le jardin a poussé et de savamment entretenu, il a été peu à peu délaissé, puis quasiment abandonné. Quarante ans après l’Indépendance du Maroc, le Jardin d’Essais s’est retrouvé submergé par le tissu urbain de la ville. Sa superficie fut grignotée par des rachats fonciers, et il est devenu un triste et banal espace vert qui conserve comme le visage d’une vieille dame, quelques vestiges où se devinent sa beauté passée : rocailles écroulées, bassins envasés et allées mangées par les racines.  

Heureusement sous l’impulsion du réaménagement de  l'avenue de la Victoire toute proche, le Jardin d’Essais s’est refait une beauté. Après plusieurs mois de travaux, il ré-ouvre ses portes au public. Aujourd’hui, petits et grands viennent s’y promener autour des plans d’eau peuplées de nénuphars, à l’ombre des oliviers, des palmiers et des arbres fruitiers. Plus qu’un parc, le Jardin d’Essai est un lieu historique, qui témoigne d’un passé colonial encore douloureux parfois, un lieu que les marocains se réapproprient peu à peu pour écrire une nouvelle page de son histoire.

Texte Yasmina El Kadiri

Photo DR

 

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Editor Made in Rabat
11 octobre 2011

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