Les banques centrales appelées à travailler de concert

Société
Dev Web
Editor Made in Marrakech
31 mai 2009

Le système financier mondial reste soumis à très rude épreuve, à l'heure où la crise s'étend aux ménages, aux entreprises et aux banques, tant dans les pays avancés que dans les pays émergents. Et les perspectives peu favorables appellent à une plus grande détermination dans la définition de nouvelles orientations.

Vu l'envergure mondiale de cette crise, les politiques menées au plan national seront d'autant plus performantes qu'elles seront coordonnées entre les pays touchés. Compte tenu des fortes relations d'interdépendance, il est essentiel que les pays avancés et les pays émergents travaillent de concert à des solutions communes. Si la crise financière actuelle est sans précédent de par son ampleur et ses retombées, les mesures prises pour la contrer ont également été exceptionnelles à tous les niveaux.

« De nombreux pays ont adopté d'importants programmes de relance et sont intervenus en vue de garantir la continuité de l'activité des institutions et des marchés financiers », a indiqué Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib lors du symposium international organisé vendredi dernier à Marrakech. Tout en rappelant que le Maroc est parvenu à résister aux répercussions directes de la crise financière internationale, M Jouahri a précisé toutefois qu'il faut rester vigilant parce que cette crise aura sans nul doute des répercussions sur l'économie réelle du Maroc. L'économie mondiale se transforme profondément, il doit en être de même de sa gouvernance. Pour Jean-Claude Trichet, président de la BCE, depuis l'apparition des turbulences financières, les banques centrales, à travers le monde, doivent relever des défis d'une ampleur sans précédent. La BCE ainsi que les autres banques centrales ont réagi avec rapidité, détermination et souplesse. .

Dans le contexte actuel, caractérisé par des défis très importants, les banques centrales et les cadres de politique monétaire sont au premier rang de cette stratégie de réforme. Pour M. Trichet, le Maroc fournit un excellent exemple à cet égard. D'importantes avancées ont été enregistrées dans la mise en place d'une stratégie de cible d'inflation, qui est l'objectif à moyen terme de Bank Al-Maghrib. Les nouveaux statuts de la Banque, promulgués en février 2006, ont confirmé son indépendance dans la conduite de la politique monétaire et inscrit la stabilité des prix comme l'objectif principal de son mandat. Au total, il s'agit d'une situation très difficile, très imprévisible. Il faut rester alerte en permanence et il n'y a aucune place pour la complaisance.

S'agissant de la gouvernance mondiale, M. Trichet insiste sur l'absolue nécessité de renforcer la surveillance des politiques macroéconomiques des pays et des économies ayant une importance systémique. Le FMI a un rôle fondamental à jouer dans ce domaine, appuyé par une « surveillance des pairs » active et responsable. Pour lui, le rôle des banques centrales est fondamental pour assurer la stabilité monétaire et financière dans une perspective de long terme. « L'économie mondiale peut compter sur les banques centrales pour continuer d'être les ancres de stabilité qui sont plus nécessaires que jamais ». Pour le DG du FMI, Dominique Strauss-Kahn, « les solutions nationales pour faire face aux crises internationales appartiennent au passé ». Dès lors, il faut renforcer la coordination et l'action collective pour constituer un front uni contre cette crise, qui a entraîné l'économie internationale dans une récession dont on ne connaît encore ni l'ampleur, ni la durée. Même son de cloche du côté du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui a appelé au renforcement de la surveillance et à l'harmonisation des règles et des standards internationaux dans le domaine financier. Pour le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, il est vital pour les pays africains de poursuivre les réformes et les stratégies à court, moyen et à long termes pour stimuler le commerce, le principal moteur de développement pouvant constituer le meilleur moyen pour sortir de cette crise, qui s'est imposée au continent africain.

Ces actions qui devraient être menées au niveau national ne devraient pas pour autant occulter le rôle important des banques centrales et du FMI dans la détection et la gestion des crises financières Les travaux du symposium de Marrakech ont incontestablement permis de faire avancer la réflexion actuelle en vue d'éviter la survenance de telles crises. Un travail prometteur aura été engagé pour repenser le système financier mondial et offrir une assise plus stable et plus adaptable à une croissance économique soutenue.

En marge de cette rencontre au sommet, Philippe Henri Dacoury Tabley, gouverneur de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest et président de commission bancaire de l'Union monétaire ouest africaine, et Abdellatif Jouahri ont procédé à la signature d'une convention relative à la coopération en matière de contrôle bancaire et d'échange d'informations. Il s'agit de mettre en Ïuvre des bonnes pratiques internationales en matière de supervision bancaire, notamment celles préconisées par le comité de Bâle.

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31 mai 2009