La " Barakat Mohamed " : emblème d'Essaouira

patrimoine
Alice Joundi
Editor Made in Essaouira
4 avril 2020

Bénédiction calligraphiée en lettres coufiques et gravée sur les murs de la ville,"Barakat Mohamed" est un legs spirituel des premiers musulmans d'Essaouira. À la fin des années 70 elle prit aussi la forme d’une sculpture monumentale à l'entrée de la ville. Rénovée en 2013, celle-ci brille depuis d’un vert de jade scintillant.

Sur ordre du sultan fondateur d’Essaouira Mohamed Ben Abdellah, l’insigne Barakat Mohamed fut gravée en lettres coufiques en divers lieux d'Essaouira (sur les murs et les remparts). Ainsi traduite "Bénédiction de Mohamed", elle évoque l’héritage musulman de la cité et témoignant de l’espoir et de la foi de ses habitants au travers des âges. Elle fut également considérée comme "le sceau du Sultan" fondateur.

L’écriture coufique : graphisme intemporel 
Depuis les premières transcriptions écrites du Coran, différentes formes de graphies se succédèrent. L’écriture coufique (ou koufique), originaire de la ville de Koufa en Irak, est reconnaissable à ses caractères anguleux et sa graphie aérée. Datant semble-t-il du 9ème siècle, elle fut supplantée peu à peu par les écritures arabes cursives que l’on connait aujourd’hui. La calligraphie coufique fut tardivement, et jusqu’à aujourd’hui, employée pour ornementer les bâtiments religieux ou réalisations artistiques arabo-musulmanes.

Son esthétisme séculaire fait parfois échos aux œuvres architecturales modernes.
En 1978, la Barakat Mohamed prit place également sur le front de mer à l’entrée sud de la ville, par la réalisation d'une sculpture de plus de 5 mètres de haut, réalisée par l'artiste natif d'Essaouira, Houssein Miloudi.
Initialement carrelée et teinte en jaune orangé, l'oeuvre avait souffert de l’usure au fil des années. Elle fut rénovée en 2013, réapparaissant teintée de vert aux aspérités scintillantes grâce à un revêtement incrusté de verre, tantôt mat, tantôt brillant.
Cette rénovation alors indispensable rendit au monument ses "lettres de noblesse", et à l'oeuvre de Houssein Miloudi le prestige que mérite ce grand artiste souiri.


(Photo : Jean-Baptise Liotard )

À propos de Houssein Miloudi. 

"Né en 1945 à Essaouira, Houssein Miloudi étudie à l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca puis l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. Il organise des rencontres d’artistes et des manifestations culturelles dans sa ville natale. Il réalise des travaux intégrés à l’architecture (...) Dans ses installations, il concrétise en volume le passage de la vie à la mort avec des matériaux anciens, des débris enchâssés pris dans le mouvement des traces d’écriture. L’inquiétude et la tendresse cohabitent dans cette oeuvre secrète et inspirée reliée à la lumière d’une ville et d’une enfance intarissable." 
Source : Babelfan.ma

Alice Joundi
Editor Made in Essaouira
4 avril 2020

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