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Réhabilitation du parc national du Banco

Par: Mathieu BIHAN  

RESPIRONS On respire à Abidjan et c’est en très grande partie grâce au parc national du Banco. Véritable poumon de la ville, ce parc abrite une forêt tropicale luxuriante à peine à quelques encablures du centre-ville. A l’instar du Central Parc de New York ou du bois de Boulogne de Paris, la forêt du Banco fût le premier parc national officiel de la Côte d’Ivoire. Entre richesse botanique, mysticisme local et balade dominicale, cet espace apporte au abidjanais le contraste indispensable à la vie de la cité.

Patrimoine naturel à préserver

Un peu d’histoire. En 1926, la forêt du Banco fût classé réserve forestière par les français présent en Côte d’Ivoire. Le Gouverneur de l’époque y aménagea un « arboretum » permettant aux visiteurs de découvrir quelque 700 variétés d’arbre et autres végétaux. Seulement, entre exploitation forestière et tentatives sylvicoles, seul 30% du Banco peut être considéré aujourd’hui comme « d’origine ». C’est la création d’une école forestière en 1938 qui donnera véritablement vie à cet espace en plus de sensibiliser ses visiteurs à l’environnement et à la préservation des espèces présentes. Peu de choses ont été conservées de cette époque, à l’image du mini zoo laissé à l’abandon.

Aujourd’hui, le parc du Banco est administré par l’OIPR (Office Ivoirien des Parcs et Réserves). Nombre d’ONG de défense de mère nature témoignent leur intérêt pour cet îlot de verdure inestimable et quasi unique dans une capitale africaine, menacée par l’urbanisation mais si singulière que l’on ne peut imaginer son sacrifice au bénéfice du béton.

Réhabilitation et activités

Fin 2012, l’OIPR annonçait son projet de réhabilitation du parc national du Banco honorablement soutenu par la coopération japonaise. Le projet pèse 7.5 milliard de CFA et se veut lutter contre l’invasion progressive de la ville aux portes du parc et  son impact sur sa biodiversité. Une clôture de près de 25km est en construction afin d’assurer l’intégrité du parc.

L’initiative est belle et servira les abidjanais qui profiteront de nouvelles activités dans le parc. Aires de pique-nique, circuits sportifs, entretien de l’ancien arboretum…le parc ne sera plus seulement réservé au téméraires de courses de VTT et autres afficionados des courses à pied du H. La ballade familiale du dimanche en forêt à encore de belle année devant elle.

Le parc a fêté en 2013 ses 60 années d’existence et continue de respecter les populations de ses proches résidents, notamment du village voisins d’Annoukoua-kouté. Pour le touriste, le spectacle des «laveuses de linges » existe toujours en matinée. La réputation de la pureté de l’eau de sa source éponyme demeure avec son lot de manifestation animiste. Comme quoi, les choses bougent à Abidjan, mais il y a des choses qui ne changent pas.